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STÉPHANIE DE BRUIJN

PARIS, ILE DE FRANCE, FRANCE

Stéphanie de Bruijn nous reçoit dans ce qu’elle appelle son « boudoir » en plein coeur de Paris, à deux pas du Musée d’Orsay. Un lieu hors du temps, aux murs recouverts d’un tissu à motif floral, à l’odeur délicate et élégante. Ce lieu est un écrin où l’on se sent bien. Néophytes en matière de création de parfum, nous sommes attirés par tous ces flacons, nos sens sont en ébullition.

– PARFUM DE GRASSE –

Cela fait huit ans que Stéphanie invente de nouvelles fragrances dans son atelier-boutique. Beaucoup d’artisans que nous avons rencontrés jusqu’alors, perpétuent une histoire de famille, une passion qui se transmet de génération en génération. Il n’en est rien pour Stéphanie, aucun membre de sa famille n’est parfumeur, mais c’est une envie de petite fille qui s’est finalement concrétisée.

Elle a été formée pendant sept ans à Grasse, la cité mondiale du parfum, auprès des anciens. Elle nous raconte que c’est d’ailleurs dans cette ville qu’est né le parfum. À l’époque, les tanneurs utilisaient les essences de la région pour cacher l’odeur très forte du tannage du cuir dans les rues. Sont alors apparus les gantiers parfumeurs. Au fil du temps, les gantiers ont laissé place aux parfumeurs, dont l’histoire continue encore aujourd’hui.

Après cette formation, elle gagne le concours international de L’École ISIPCA de Versailles qui a lieu tous les deux ans. Le thème de ce concours était la lavande, qu’elle a choisi d’associer à la noix de muscade pour en créer un parfum masculin, tendre et viril, qu’elle a baptisé « Poignées d’amour », toujours proposé dans ses collections.

Un parfumeur doit avoir deux qualités, celui de technicien, mais aussi celui de créatif pour donner vie à l’émotion, à la nostalgie. Il y a, comme dans tout domaine créatif des tendances dans la création de parfum, mais le ressenti, ou l’humeur du créateur influence bien entendu le résultat.

C’est une véritable expérience olfactive que propose la créatrice Stéphanie de Bruijn. En initiation ou en véritable sur-mesure, le point de départ de ses créations est l’échange. Avec toute la douceur qui la caractérise, la créatrice va interroger la personnalité de son client pendant plus d’une heure, ses habitudes, ses envies, et déjà des idées vont se formuler. C’est d’ailleurs comme ça qu’elle construit ses parfums, avec des formules, à la goutte près, soit 0,02 gramme.

– L’INITIATION –

L’initiation part d’une base existante, que le client choisit parmi les 17 parfums aux noms évocateurs proposés par la créatrice. Vous pourrez choisir par exemple « Paris – Bombay » aux effluves d’épice et d’ambre ; « Promenons-nous dans les bois » qui nous plonge dans une promenade en forêt, avec son odeur boisée, d’herbe et de noix ; « Chérie-Chérie » un parfum féminin très floral, aux notes délicates de pétales de rose…
Après un essai sur la peau, Stéphanie y ajoute d’autres essences pour le personnaliser en fonction du caractère et des envies de son client.

– LE SUR-MESURE –

La création d’un parfum sur-mesure va quant à elle partir d’une feuille blanche. Cela demande entre 4 et 6 mois de travail, plusieurs rendez-vous, plusieurs modifications, pour obtenir la bonne formule.

C’est un vrai travail de biologiste que nous découvrons. Stéphanie a d’ailleurs suivi une formation de biologie, elle a donc une analyse très scientifique de la fabrication d’un parfum, connaissant chaque molécule, chaque assemblage, pour trouver l’équilibre parfait.

Elles possèdent environ 400 essences dans son boudoir, provenant de Grasse, la cité mondiale du parfum. Une sélection de petites fioles est présentée dans son orgue à parfum, une malle en cuir ouverte, sur un meuble ancien ressemblant à un comptoir d’apothicaire.

J’aperçois le mot « Cuir » sur une étagère, je ne peux pas m’en empêcher… C’est une essence pure, qui n’est pas diluée, l’odeur est très forte, mais cela me replonge malgré tout en enfance, en plein coeur d’un atelier. Ce que l’on ressent au travers d’un parfum est vraiment personnel, cela fait appel à nos sentiments, provoque de la nostalgie, nous rappelle certains moments, certains endroits ou certaines personnes. Pour toucher ses clients, Stéphanie doit donc entrer dans leur intimité, tout en douceur, et réussir à leur créer de l’émotion.

– LES ESSENCES –

Certaines essences sont naturelles, d’autres synthétiques, toutes les deux sont nécessaires pour trouver l’équilibre d’un parfum. Les essences naturelles possèdent plusieurs molécules, alors que les synthétiques n’en possèdent qu’une. Un parfum n’utilisant donc que des essences naturelles serait trop « complexe ».

Ces essences ont différentes formes, elles peuvent être liquides, mais aussi en poudre, en résine ou en gomme. Aucune n’est exclusivement féminine ou exclusivement masculine. Ce sont les différentes associations qui donneront une identité au parfum.

– LA CRÉATION –

Dès la fin du rendez-vous, Stéphanie se rend au fond de la boutique, devant sa balance. Très sensible, le moindre grain de poussière peut fausser la pesée. Dans de petites fioles, elle assemble les essences, notant chaque information, chaque goutte ajoutée. Une seule formule peut en effet contenir jusqu’à 150 essences différentes, il est donc important de ne rien oublier. Chaque création est unique, et conservée pour une future réédition.

– LES NOTES –

En parallèle du travail de biologiste, très précis, une mélodie se construit dans l’esprit de Stéphanie. Son analyse se traduit en effet comme une partition de musique.
Quand la création est terminée, un test est réalisé sur une mouillette en papier.
Il y a d’abord les notes de tête, que l’on sent les dix premières minutes, où les parfums d’agrume vont ressortir. Ensuite, ce sont les notes de coeur, deux heures plus tard, privilégiant les odeurs florales ou épicées. Puis le lendemain matin, ce sont les notes de fond, pour des odeurs boisées de musc, d’ambre…

Le parfum a une âme, il évolue avec le temps, il évolue sur la peau de celui qui le porte.

Une fois le mélange réalisé il est très huileux, très fort. Il y a bien entendu des normes à respecter puisqu’un parfum rentre en contact direct avec la peau. À ce mélange d’essences pures, il faut donc rajouter de l’alcool pour le diluer et le rendre applicable sur la peau. Pour 30 grammes de mélange, Stéphanie y ajoute 70 grammes d’alcool.

– LES FLACONS –

Lorsque le parfum sur-mesure est créé, le client reçoit 5 flacons de 100 ml, créé en collaboration avec la Cristallerie Daum, dont un Cristal de Champagne numéroté, le cristal de Louis XIV. L’objectif de cette collaboration est d‘associer les deux artisanats, bien que très différents, ils mettent tous les deux en valeur un savoir-faire d’exception.
Une fiole de voyage y est également ajoutée. À l’aide d’un entonnoir, le client peut alors reproduire la gestuelle du parfumeur en remplissant son pulvérisateur.

– L’ART DE SE PARFUMER –

Chaque flacon possède un bouchage Émeri. On vient appliquer directement l’intérieur du bouchon sur la peau. Stéphanie nous explique qu’il faut se parfumer au niveau des points chauds du corps, c’est à dire à l’intérieur des poignets, au niveau de la carotide, derrière les genoux lorsqu’une femme se met en jupe, ou encore dans les cheveux, ou sur les foulards pour diffuser son doux parfum à chaque mouvement.

L’art de se parfumer implique donc une gestuelle délicate et élégante, un réel outil de séduction.

STÉPHANIE DE BRUIJN

PARFUMSURMESURE.COM