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PINEL & PINEL

PARIS, ILE DE FRANCE, FRANCE

C’est au fond d’une cour du 20ème arrondissement que nous découvrons les locaux de la Maison Pinel&Pinel. Un bâtiment aux allures d’usine ancienne, avec son toit en shed, un lieu chargé d’histoire. Autrefois fabrique de baleines pour corsets et parapluies, usine à bonbons, puis QG de John Galliano, c’est depuis 2015 que la « Factory » de la Maison Pinel&Pinel est implantée ici. Le lieu est impressionnant, vaste et lumineux, 1400m2 répartis sur 3 niveaux articulés autour d’un patio. Derrière les parois de verre, nous apercevons déjà les différents univers en pleine effervescence.

L’homme à l’origine de cette aventure s’appelle Fred Pinel, personnage enjoué et haut en couleur, à l’image des produits qu’il crée. Attiré depuis toujours par le cuir, par son odeur, ses textures… Il débute cependant sa carrière en créant une petite agence de publicité. Inspiré par le Pop Art, dans un univers aux couleurs vives, il commence à dessiner alors des accessoires pour fumeurs, notamment des étuis à cigares en croco, déclinés en de nombreux coloris, puis des caves à cigare, porte-briquets… Il poursuit ensuite avec la confection de valises et de malles, en se formant auprès d’un meilleur ouvrier de France. En 1998, la Maison Pinel&Pinel est née : un savant mélange entre savoir-faire artisanal de luxe et imagination débordante. La volonté de réinventer les codes, en donnant aux malles de nouvelles fonctions.

Grâce à ce lieu désormais tout est fait sur place, de la menuiserie aux dernières finitions, afin de gagner en temps, en réactivité, permettant ainsi d’assurer aux clients une qualité maximale.
 
Lors de notre visite, nous avons pu suivre la fabrication de la malle à cigare. Ce modèle a été développé en 2015, véritable référence aux débuts de la Maison.

– MENUISERIE –

Nous commençons la visite par l’atelier de menuiserie où nous rencontrons Alain. Seul dans ce vaste espace clair et ordonné, il est entouré de nombreuses machines. Il coupe, assemble, ponce, pose les joints sur les différents éléments. Il utilise exclusivement du bois de cèdre, reconnu pour son odeur boisée si particulière, mais surtout pour ses propriétés d’imputrescibilité, mais également d’absorption de l’humidité.

Pour cette malle destinée aux amateurs de cigares, la construction ressemble à une poupée russe. Dans la coque extérieure vient s’imbriquer un bloc interne, lui-même composé des placards, plateaux et tiroirs. Entre 60 et 70 heures de travail sont nécessaires rien que pour la menuiserie.

– COUPE –

C’est Anthony qui est en charge de la coupe. Après plusieurs années d’expérience au sein de maisons de luxe, on sent que l’oeil et le geste sont affûtés. Il coupe tous les éléments à la main, debout face à sa grande table. Suspendus derrière lui se trouvent une multitude de gabarits, développés par le bureau d’étude. Il doit réussir à tous les placer dans la peau, des plus grands pour les surfaces extérieures de la malle, au plus petit pour l’intérieur des compartiments. Chaque face de chaque cellule représente un gabarit.
Les peaux utilisées sont en majorité des cuirs pleines fleurs, bovins ou taurillons, provenant de tanneries françaises et italiennes. Mais nous découvrons également dans les rayons une belle collection de peaux exotiques aux couleurs éclatantes et surprenantes. La Maison utilise en effet du crocodile, du serpent ou encore du galuchat, pour la maroquinerie ou petite maroquinerie. Nous apercevons ensuite des rouleaux de toile imprimée, développée exclusivement pour la marque.

– GAINAGE –

Lorsque la structure de bois sort de la menuiserie, et que les différentes pièces de cuir ont été coupées, nous arrivons à l’étape de gainage, orchestrée par Christophe.

Pour les éléments intérieurs, les artisans effectuent un travail long et minutieux. Ils collent, plaquent le cuir sur le bois, le rempli. Ils posent les « gorges ». Ce sont des pièces découpées à la dimension de chaque façade, puis recouvertes de cuir avant d’être placées  à l’intérieur de  chaque compartiment. Cela permet de donner de l’épaisseur, mais également des tranches propres et régulières.
L’extérieur de la malle est tout d’abord contrecollé, puis recouvert de cuir. La pose est délicate, chaque élément doit trouver sa place, sans pli ni déformation. Pour souligner et protéger les arrêtes, les artisans préparent de grandes baguettes, appelées cornières. Sur une base de texon, plaque de fibres naturelles, le cuir est contrecollé et piqué. Elles sont ensuite collées le long de chaque arrête, puis clouées à la main.

C’est également ici que sont posés les poignées et les éléments métalliques, plaques, fermoirs, coins… Nickel palladium, or jaune ou or rose, les finitions sont choisies en fonction de la couleur du cuir et des envies.

– ÉLECTRONIQUE –

«Être belle et utile, c’est encore mieux.»

Les malles à la façon Pinel&Pinel ont une fonctionnalité bien précise, mêlant à la fois esthétique et technologie. Tous les produits imaginés par les designers sont réfléchis pour intégrer les éléments électroniques le plus discrètement possible. Tout le système est caché, mais doit conserver un accès afin de pouvoir intervenir si nécessaire.
À l’intérieur de la malle à cigare se trouve un éclairage LED mettant en valeur les produits, ainsi qu’un système d’humidification performant, pour assurer un niveau d’hygrométrie constant, et donc une bonne conservation du tabac.

 

Parallèlement à la fabrication de cette malle à cigare, nous avons pu assister à la réalisation de vanity en toile imprimée verte, bleue, marron ou rose, d’une mini malle, ainsi que des coffrets pour les montres de la Maison Piaget, ou encore un écrin pour une bouteille de spiritueux.

– LA MAROQUINERIE –

Depuis 5 ans la maroquinerie a intégré de nouveau les collections de la Maison. La matière est au cœur de cette gamme. Que ce soit de la toile imprimée, du cuir matelassé ou du croco retourné, le style est très affirmé. Des détails rock, notamment avec les zips métalliques gigantesques, signent les produits.
Ce qui retient notre attention ce sont les finitions, et plus particulièrement les teintés tranches, réalisés sur des épaisseurs de cuir importantes. Nous rencontrons Moustapha qui nous dévoile son secret. Dans un premier temps il ponce la tranche du cuir pour enlever un maximum d’aspérités, puis passe une première couche de teinture sur toute la longueur. Il répète l’opération plusieurs fois, jusqu’à ce que l’on ne distingue plus les différentes épaisseurs de cuir. Entre chaque couche, l’artisan suit la tranche à l’aide d’un fer chaud, pour la lisser parfaitement et la rendre brillante.

– AUJOURD’HUI ET DEMAIN –

La fabrication d’une malle, de la menuiserie jusqu’aux finitions peut demander jusqu’à 1300 heures de travail.
60 % de la production de la Maison part à l’exportation, contre 40 % en France.
La clientèle Pinel&Pinel est très hétéroclite, mais la majorité des commandes provient de sociétés du luxe
De nombreuses collaborations ont déjà vu le jour depuis la création de la Maison : Piaget, Park Hyatt, Krug, Chopard
Début 2017, un pop up store au Printemps Haussmann verra le jour. Nous avons d’ailleurs pu apercevoir la construction des présentoirs lors de notre visite.
En juin 2015, Fred Pinel a présenté le fruit de sa collaboration avec l’artiste Hom Nguyen. Ce projet est né d’une admiration mutuelle, et d’une envie commune de réaliser des œuvres atypiques. Le résultat : Des malles démesurées, comme des toiles signées par le peintre.
Une nouvelle expérience qui devrait se prolonger avec d’autres artistes.

 

– FOCUS MALLE À CIGARE –

110 heures de travail de la menuiserie à la finition
10m2 de bois
10m2 de cuir
Possibilité de ranger 1400 cigares
Disponible en 60 coloris

 

– VIDÉO –